Exposition individuel
Exposition #1 Regard sur tétouan et ses environs
Dar Sanâa - Tétouan - Mars 2015
La soif de peindre de Riad Bouhlal
Peindre, écrire ou pratiquer n’importe quelle activité créative est un plaisir sucré quand on le fait sans complexe, ni contrainte professionnelle, et avec une liberté absolue.C’est le cas du docteur Riad Bouhlal qui occupe son temps libre, loin de ses responsabilités médicales, en remplaçant les instruments de soins dentaires par des pinceaux et des couleurs, découvrant ainsi un horizon ou un espace infini au sein des arts plastiques. Juste pour qu’une œuvre d’art ne représente il faut 50% de l’artiste, sur la toile, et 50% du spectateur, sur l’œuvre-spectateur.Ramon Jimenez, prix Nobel de littérature en 1956, qui disait : « Pour voir une œuvre d’art, il ne faut pas tenir compte de ce qu’elle représente, mais de ce qu’elle ressent. »J’ai toujours dit que nous avons les intentions sincères de n’importe quel plasticien, quel que soit son niveau, nous découvrons toujours quelque chose en lui, puisque le côté gestuel de chacun des artistes transparaît à travers ses œuvres.Riad Bouhlal est le reflet du milieu dans lequel il vit. Ses paysages du soleil levant et de la ville sont interprétés par une obsession plastique.L’exposition est un ensemble de tableaux dont le contenu ne peut pas se limiter à un concept plastique fermé. La variété des thèmes et la liberté d’expression de ses réalisations picturales reflètent l’amour et l’illusion de chercher et de fouiner dans un monde différent, irréel et envoûtant. Cela répond au désir de se rapprocher de l’espace du réel et de l’irréel, de ce qui émane de l’art et ce qui ne peut pas l’être, et où l’exercice et la technique se joignent au geste, aux sensations et aux désirs de l’artiste, et bien au-delà du rationnel et du conscient.Comme c’est difficile de joindre ces deux composantes dans un même artiste, où l’exercice professionnel et l’art se retrouvent dans le même monde professionnel, Riad Bouhlal est l’exemple même de cet essai d’introduire son monde professionnel dans l’art plastique, unissant ainsi les deux domaines, qui se supposent plusieurs interprétations puisque celles-ci dépendent du spectateur, comme j’ai dit ultérieurement. Cependant, la technique et la couleur permettent d’élever les objets et leur réalisation au niveau artistique désiré.Le combat de Riad Bouhlal est donc de traduire sur une toile le côté gestuel et technique qu’il ressent.Quand l’imagination ressurgit, il la reproduit sur une toile allègrement et instinctivement, satisfaisant ainsi le besoin d’exprimer ce sentiment et notamment l’extraire sans ambition ni prétention.Je pense que toute personne ayant l’exemple ambitieux, la perfection et ayant une vocation artistique, a dans son travail professionnel un résultat différent de ses collègues, parce que l’art raffine l’âme et le travail.Et en améliorant l’Homme, on améliore son travail. Riad Bouhlal est un exemple type.Pour ma part, je ne peux que l’encourager à suivre cette voie et l’aider à persévérer dans cette pratique. Je voudrais aussi le féliciter pour sa volonté de s’immiscer dans cette aventure qu’est l’art et sa dimension infinie.
Ahmed Ben Yessef


