Exposition individuel
Exposition #2: Au-delà du visible
Dar Sanâa - Tétouan - Mars 2015
Préambule et chroniques d’un homme d’art solitaire
Dans les premières peintures figuratives de Riad Bouhlal, l’artiste, les couleurs et les lumières de Tétouan se reflètent, se transformant en « joie intense », comme l’a souvent répété l’artiste Riad Bouhlal. Ses peintures figuratives surtout dans les premières étapes de son expérience, sont techniquement au même niveau que celles de la première génération des Beaux-Arts notamment Ahmed Ben Yessef, Ahmed M’ghara et Saad Ben Seffaj ; elles étaient très appréciées même par les artistes les plus renommés et par le public de Tétouan. Ceci l’incite à réaliser d’autres expositions personnelles ; à Tétouan, à Tanger, puis à Marrakech, et d’autres collectives ont suivi avec des artistes espagnols à Tétouan, à Rabat, à Fès et en Espagne (Ceuta et Madrid). Pour plus d’information sur le développement artistique de l’artiste, voir l’exposition (Regard sur Tétouan et ses environs).
Un changement remarquable s’est produit dans la vie, et par conséquent dans l’art de Riad Bouhlal pendant le confinement du Coronavirus. Le médecin entré en isolement, s’est occupé en peignant et en se plongeant davantage dans l’art. Peindre en silence faisait partie de son voyage spirituel au calme. Le voyage était silencieux comme une prière, mais aussi chaotique, difficile et épuisant. Il sent l’adrénaline de la peinture monter en lui. Durant tout le confinement, son art a parlé plus que sa bouche. Son inspiration l’envahit et il part en terra incognita. Plus il s’attarde sur les peintures inachevées, plus il découvre diverses facettes qu’il n’a jamais vues auparavant. L’art abstrait texturé qu’il produisait ressemblait à des histoires visuelles. Chaque couche raconte une expérience différente, une autre émotion qu’il a ressentie en peignant. Il a pris son temps ; à l’instar du confinement il n’avait pas de date limite. Il a simplement apprécié le processus complet et la découverte d’émotions complexes. Ces émotions étaient le point culminant de son voyage et de sa propre expérience. Cela semblait en quelque sorte comme si on jetait une sorte de lumière sur sa propre expérience du monde.
Le défilé haletant de cet Au-Delà Du Visible est plein de couches texturées et de couleurs mélangées. Différents médiums sont utilisés et expérimentés avec de nombreuses techniques différentes. Il a fallu des jours à l’artiste pour achever et obtenir l’accent qu’il recherchait. Sous toutes les couches, il raconte une histoire personnelle et universelle. La mienne, la nôtre, et de toute personne capable de comprendre la sagesse que les couleurs et l’art nous apportent. Ce voyage spirituel lui a permis d’avoir un aperçu sur des pensées cosmiques : c’était un spectacle de guérison et de persévérance, rappelant l’une des citations du philosophe soufi Jalal Eddine Rumi.
“Laissez-nous être silencieusement attirés par la force étrange de ce que vous aimez vraiment. Elle ne vous perdra pas.” Rumi.





